Le Palais Idéal du facteur Cheval

Le Palais idéal du facteur Cheval

J’ai visité le Palais idéal du facteur Cheval. Si tu crois que ton facteur a du talent parce qu’il remplit ta boîte aux lettres de factures toute l’année, attends que je te parle de Ferdinand Cheval. Chaque jour, pendant 33 ans, le facteur de Hauterives (26) allégeait sa besace du courrier des habitants pendant qu’il remplissait une brouette de cailloux. Pour quoi faire ? Construire un palais, c’est dans le titre (suis un peu stp).

Je voulais un titre qui claque, qui interpelle et qui donne envie de cliquer pour lire l’article. Mais en ajoutant des mots à « Le Palais idéal du facteur Cheval », j’avais peur que ça parte en Kamoulox.

Le Palais idéal du facteur Cheval : la Genèse

Il aurait pu vivre une vie de facteur normale. Genre, vélo, dépôts, dodo, mais non. À 43 ans, il décide de construire son palais à la main. Tout ça à cause d’un caillou…

L'entrée du Palais

Sa pierre à l’édifice

En avril 1879, alors qu’il abreuve comme jaja les habitants de courrier, Ferdinand Cheval trébuche sur un caillou aux formes étranges. Au lieu d’insulter sa mère la pierre et toute sa famille, il la renomme « pierre d’achoppement » et envisage la construction d’un palais dans son jardin.

Le facteur déterminant

Déterminé à réaliser son rêve, Cheval ramasse d’abord des pierres pendant ses tournées de facteur, parcourant chaque jour une trentaine de kilomètres. Il les met d’abord dans ses poches, mais comme il a pas 223 ans devant lui, il passe rapidement au panier, puis à la brouette. Il finit par y consacrer tout son temps libre, travaillant parfois même la nuit à la lampe frontale. Oublie les frontales modernes qui pèsent 3 g et demi. À l’époque, il fallait une lampe à pétrole de 800 kg et un très gros élastique si tu voulais que ton front projette de la lumière.

Le Palais Idéal du facteur Cheval

Visite du palais idéal

L’architecture du Palais idéal du facteur Cheval

Là, c’est la partie où on va parler de ma seconde plus grande passion après les phrases interminables où je dis tout et n’importe quoi : l’architecture (c’est faux). Pour construire son palais préféré, le facteur Cheval se tourne vers l’art naïf. L’art naïf ? Tu te rappelles à 5 ans et demi, quand tu mélangeais des Lego Systems avec les accessoires de Barbie de ta sœur ? Bah, là, c’est pareil, mais avec des cailloux.

Un pêle-mêle de la vie

Imagine la Bible, un bol de mythologie hindoue, 2-3 dieux égyptiens à tête de lion ou de chouette et la déco intérieure de Godefroy de Montmirail. C’est bon ? T’es à mi-chemin de la réalité. Le palais mesure 12 mètres de haut et 26 mètres de long. Il est construit principalement à partir de pierres ramassées à la main, assemblées avec de la chaux, du mortier, du ciment et des armatures métalliques. Sa construction préfigure les techniques modernes de béton armé (c’est Wikipédia qui me l’a dit).

Diverses inspirations

Le facteur Cheval a mis tout ce qui lui passait par la tête dans son palais. Des animaux exotiques, des géants, des fées, des styles d’architecture de tous les continents et même des citations trop longues qui se terminent en pattes de mouche par manque de place. L’ensemble forme un jardin luxuriant et un palais imaginaire, rendant hommage à la créativité sans limites de l’esprit humain.

Le Palais idéal du facteur tourisme

À force de voir le panneau sur l’autoroute du sud, avec mes potes, on se disait tout le temps : « Un jour, on ira le visiter ». Et puis, un jour, nous sommes allés le visiter. Coïncidence ? Je ne crois pas.

Le Palais Idéal du facteur Cheval

Un monument historique

Au début, les gens n’étaient pas prêts. Le Palais idéal a autant la cote qu’une cabane montée en 8 minutes par Numérobis avant d’être finalement reconnu comme un chef-d’œuvre architectural. Classé monument historique en 1969 grâce au soutien d’André Malraux, le ministre de la Culture de l’époque, il est aujourd’hui considéré comme un symbole de persévérance et d’innovation.

Le Palais Idéal du facteur Cheval

Héritage et influence

Au-delà de sa reconnaissance officielle, le Palais Idéal a inspiré des artistes et des intellectuels à travers le monde comme André Breton et Pablo Picasso. Jean-Michel Othoniel (pour une fois, c’est pas un Jean-Michel inventé) est même venu enrichir le site de ses éléments en verre.

Ferdinand Cheval

Traité de fou par les uns, qualifié de génie par les autres, Ferdinand Cheval n’a laissé personne indifférent. Il termine de façonner son rêve en 1912, à l’aube de ses 76 ans. En défi au monde, il prononce alors : « 1879-1912, 10 000 journées, 93 000 heures, 33 ans d’épreuves, plus opiniâtre que moi se mettre à l’œuvre. »

Il emploie les 8 années suivantes à construire son tombeau au cimetière du village où il repose aujourd’hui avec toute sa famille. Le nom de sa fille Alice, morte à 15 ans d’une méningite, précède la mention « Amèrement regrettée ». Il meurt à 88 ans, après avoir fait certifier « sincère et véritable » sa biographie prouvant qu’il a construit seul son édifice.

Le Palais idéal du facteur Cheval

Témoignage exceptionnel de la volonté et de l’imagination d’un homme hors du commun, le Palais idéal du facteur Cheval nous emmène en voyage. Il fut édifié par un homme ordinaire doté d’une vision extraordinaire. Il incarne désormais l’aspiration à créer et à transcender les limites du quotidien. Ce monument unique continue d’attirer des visiteurs du monde entier. Qui ne serait pas fasciné par l’histoire de Ferdinand Cheval et par l’univers onirique qu’il a su bâtir pierre par pierre ?!

Le soir à la nuit close

quand le genre humain repose,

je travaille à mon Palais.

De mes peines nul ne saura jamais.

Visite du palais idéal

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