On a passé la frontière terrestre Thaïlande/Cambodge à Poipet pour rejoindre Siem Reap.

Ces informations datent du 15 mars 2017. Pensez à vérifier ces informations qui peuvent changer du jour au lendemain. Tous les tarifs sont en fin d’article.

Si vous passez par cette frontière dans le sens Cambodge/Thaïlande, cet article ne vous concerne pas.

Allez une frontière terrestre, une de plus. Mais pas n’importe laquelle, celle de Poipet pour aller au Cambodge, Scambodia pour les intimes (scam = arnaque en anglais). Poipet a mauvaise réputation, du genre si tu baisses ta garde une seconde entre le moment où tu sors de Thaïlande et celui où tu rentres au Cambodge t’as perdu ton argent, tes papiers et toute foi en l’humanité !

On s’est préparés à la Mike Tyson, on a revu notre gestuelle pour “danser” autour des coups des adversaires et surtout éviter le K.O dès le premier round. Parce que cette frontière se prépare dès Bangkok et que la moindre information peut valoir plusieurs dollars, on vous dit tout pour gagner ce match aux points et arriver à Siem Reap sans vous faire dépouiller. TING TING, FIGHT !!

Retrouvez notre bilan et notre vidéo de la Thaïlande ici.

Retrouvez notre bilan et notre vidéo du Cambodge ici.

Cet itinéraire a été créé à l’aide du site Le planificateur de voyages

L’avant-match

À Bangkok

Avant toute chose, il faut vous procurer des dollars américains. Nous vous conseillons n’importe quel bureau de change du MBK, le centre commercial de Bangkok. Les taux sont très intéressants et sachez qu’à la frontière cambodgienne ces messieurs vous attendent déjà en se frottant les mains.

Nous sommes partis avec 160 $ dont deux billets de 20 et deux billets de 10 pour payer chacun notre visa à 30 $, le reste sera dépensé au Cambodge où le dollar est utilisé de partout. Pour ceux qui se pointent avec un billet de 50 ou 100 $, on vous souhaite bon courage pour récupérer votre monnaie. Si vous partez avec des bahts c’est perdu d’avance, les douaniers arrondissent à la louche et en profitent à fond.

Il est impératif de faire faire une photo d’identité pour le visa. Ils proposent de la faire eux-mêmes mais le prix de la photo est directement lié à la gueule du client (la notre quoi), et après 5 heures de train ou de bus on a plutôt la gueule du gars qui paye plein pot.

Frontière Poipet

Jour de match

Passer la frontière à Poipet sans bakchich

On décide de prendre le train, c’est moins cher et les bus qui vont à la frontière sont de mèche avec les douaniers. Le trajet est très long, on en profite donc pour peaufiner notre stratégie.

Frontière Poipet

Gaëlle s’entraîne à se mettre en boule en cas d’attaque surprise

On arrive à Aranya Prathet en 5h30 de train puis à Poipet 20 minutes plus tard. Là, on fait appel à notre jeu de jambes retrouvé depuis peu (nous vous rappelons que Maxime a 30 ans) pour éviter les premiers coups qui peuvent être fatals pour la suite des événements. On tente de nous attirer vers de faux bureaux d’immigration en mode “t’inquiète on s’occupe de tout”. Ils nous disent qu’on a besoin de leur autocollant pour continuer, pourquoi pas un pin’s tant qu’on y est !! C’est le premier piège et qu’on arrive en bus ou en tuk tuk on y passe forcément alors on dit “non merci” avec un grand sourire et on continue son chemin. Premier uppercut de la journée !

Mise à jour 08/19

Il est désormais possible d’aller jusqu’aux bureaux d’immigration en train en descendant au dernier arrêt Ban Khlong Luk et ainsi éviter de prendre un tuk tuk.

N’oubliez jamais qu’avant de faire quoi que ce soit pour entrer dans un pays il faut d’abord faire le tampon de sortie du pays d’où l’on vient.

Un premier adversaire dans les cordes, on suit le panneau bleu sur lequel est inscrit “passport check”. On passe ensuite devant ce bâtiment :

Frontière Poipet

On monte les escaliers qui mènent au bureau thaï. Là, il suffit de faire la queue en attendant, puis de donner son passeport. En sortant du bureau, on descend les escaliers pour arriver face à d’autres gars qui cette fois se contentent de nous regarder passer. On vérifie que les sacs sont bien fermés et on passe en sifflotant les mains dans les poches devant ces messieurs les pickpockets. On ne les a pas pris la main dans le sac mais des gars qui traînent à un endroit où il n’y a rien d’autre que des touristes qui passent chez nous ça s’appelle des pickpockets.

On avance en direction de l’arche ci-dessous :

Frontière Poipet

On traverse la route pour arriver dans le bureau officiel (le seul et unique) où l’on obtient le visa cambodgien.

Frontière Poipet

Mise à jour (01/19)

Des travaux ont été effectués, l’arche n’existerait plus et un nouveau bureau officiel a été construit. Merci à Audrey pour la photo du nouveau bureau ci-dessous.

Ça y est on monte sur le ring pour le plus gros combat de la journée, ils sont cinq douaniers à nous attendre. Ils nous regardent de haut en bas et nous tendent un formulaire de demande de visa à remplir. On enlève les gants (sinon on ne peut pas écrire) et on leur tend le formulaire rempli avec les passeports et 30 $ (28 €) chacun pour les visas. L’un des douaniers nous montre une feuille blanche où ils ont inscrit au stylo “tourist visa : 1200 THB (32 €) ou 30 $ + 200 THB (5,40 €)”. On lui montre donc le panneau bleu, qui se trouve juste au-dessus de sa tête, où est indiqué que le visa touriste coûte 30 $. On lui redonne le tout en disant qu’on connaît le prix et qu’on ne payera pas plus.

Ils commencent à parler entre eux, nous on s’assoie en souriant. On a placé nos pions à vous de jouer les gars ! À ce moment là, un petit vieux tend son formulaire rempli et ses papiers. Il est surpris qu’on lui demande 1200 bahts mais les douaniers prennent son porte monnaie et vident devant lui un par un les billets de 100 baht. Une partie va directement dans la “tip box” posée sur le comptoir à la vue de tous.

On s’approche alors pour demander nos passeports qui arrivent 30 secondes après. Les visas sont bien collés dedans, la première grosse étape est franchie.

On doit maintenant se rendre dans un dernier bureau pour le tampon d’entrée. On passe dans ce que l’on appelle le couloir à touristes, avec des casinos, des mendiants qui nous observent et des enfants qui font semblant de tomber dans les pommes. Un policier va vous proposer de “l’aide” pour faire le tampon et passer plus vite, on a vu une femme accepter certainement contre quelques dollars. Il suffit de refuser fermement et d’avancer jusqu’au bureau.

On ignore tout ce beau monde et on file remplir le formulaire d’entrée au Cambodge. Une fois les passeports tamponnés, on en a fini avec les visas mais on doit encore rester vigilants, il faut maintenant aller à Siem Reap.

Frontière Poipet

On sort du bureau et on arrive au Cambodge. Là, Joe l’Arnaque nous attend et nous annonce avec un sourire digne du Joker qu’un bus gratuit est à notre disposition. Mais quelle énorme coïncidence, on adore les trucs gratuits ! 🙂 Ce bus est effectivement gratuit mais vous emmène vers un “terminal de transport” relativement désert où vous n’aurez plus le choix que de prendre le taxi ou le bus qui reste, avec belle majoration et carotte à la clé. Pas facile de se débarrasser de Joe l’Arnaque mais on continue à marcher sans l’écouter.

Mise à jour 08/19

Il existe une navette gratuite (mais vraiment celle-là) qui vous conduit à un bus de la compagnie Capitol. Avec eux le trajet coûte 4 $ pour Battambang et certainement pareil pour Siem Reap. Demandez donc avant toute chose au Monsieur du bus gratuit pour quelle compagnie il travaille, ça pourrait vous intéresser !

On arrive au départ des taxis où un homme nous propose de nous emmener jusqu’à notre hôtel à Siem Reap, on accepte à condition de ne payer qu’une fois arrivés à l’hôtel. On partage le taxi avec un couple de slovaques qui se méfient autant que nous, d’autant plus que le chauffeur est vraiment très gentil et demande plusieurs fois si on veut s’arrêter pour pipi, popo, coca etc … Le trajet est plutôt rapide, on met 2 heures contre les 4/5 heures de bus pour arriver à Siem Reap. On arrive au dernier round, encore quelques crochets et la ceinture est à nous.

Quand on arrive en ville, tout l’monde change de trottoir le chauffeur tourne dans une ruelle où nous attendent des tuk tuks censés nous emmener gratuitement à notre hôtel. Décidément c’est la journée des choses gratuites, on devrait passer par cette frontière plus souvent !

Le but est bien entendu de nous extorquer quelques dollars de plus mais comme on n’a encore rien payé, c’est nous qui avons le dessus. Sans quitter le véhicule, on l’envoie dans les cordes : Soit il nous emmène et on le paye soit on prend un tuk tuk mais dans ce cas on ne paye que le tuk tuk. “La route est trop petite pour que la voiture aille jusqu’à l’hôtel”, “je n’ai plus d’essence ou pas le temps” ou “ma femme m’attend à la maison”, peu importe l’excuse elle est bien évidemment fausse. Après 10 longues minutes d’insistance, on baisse la vitre pour dire aux tuk tuks qu’on n’est pas intéressés, le chauffeur essaye de faire bonne figure en nous disant que ce sont les flics de la frontière qui l’obligent à faire ça. On arrive finalement à notre hôtel, on remporte le match et la ceinture du champion haut la main avec l’immense satisfaction de n’avoir cédé à aucun chantage. On savoure le Werther’s Original de la victoire pour fêter ça (oui, en tour du monde on fait la fête comme on peu),  Scambodia nous voilà !

Infos pratiques

Se rendre à Aranya Prathet (côté thaï)

Pour nous rendre à Poipet, nous avons choisi le train depuis la gare Hua Lamphong près du quartier chinois. Il y a deux départs/jour à 5h55 et 13h30 et coûte 48 THB/p (1,23 €). Nous avons pris celui du matin pour être sûrs d’arriver à Siem Reap dans la journée. Si vous prenez celui de 13h30 vous devrez passer la nuit à Aranya Prathet ou à Poipet mais ces villes semblent complètement dénuées d’intérêt. Le billet ne peut être réservé ou acheté en avance, rendez-vous à la gare à partir de 5 heures le jour même.

Le trajet peut se faire en bus pour environ 800 THB/p (21 €) (incluant le passage de frontière et le trajet jusqu’à Siem Reap et les gentils Monsieurs du bus se proposent même de récupérer votre passeport et de faire le visa à votre place pour 40 $/p au lieu de 30 $/p. Pour éviter de payer 10 $ de plus, faites leur croire que vous avez fait le e-visa (37 $/p sur internet).

Se rendre à Poipet (côté cambodgien)

Poipet se situe à 7 km d’Aranya Prathet, les tuk tuks proposent ce trajet pour 50 THB/p (1,33 €) qui se négocie facilement pour 40 THB/p (1 €).

Se rendre à Siem Reap

Vous l’aurez compris, le bus gratuit n’est qu’une énième arnaque.

Le bus direct pour Siem Reap coûte environ 9 $/p pour un trajet qui dure entre 4 et 5 heures.

Le taxi à partager coûte 10 $/p pour 2 heures de route. Soyez très clair sur le montant à payer (par personne ou pour tous), exigez de payer à l’arrivée à l’hôtel et veillez à ce qu’il y ait toujours quelqu’un dans la voiture lors des pauses. À Siem Reap, dans la ruelle aux tuk tuks, dites aux gens qui sont avec vous de ne pas quitter le véhicule et que tant que vous n’avez pas payé c’est vous qui décidez. Le chauffeur essayera de s’énerver puis de vous prendre par les sentiments, si vous restez ferme il cédera.

Sans compter le visa, le trajet de Bangkok à Siem Reap nous a coûté moins de 12 € chacun.

Le visa touriste

Il coûte 30 $ pour 30 jours sur le territoire cambodgien. Il est possible de faire un e-visa mais celui-ci coûte 37 $. Cela reste une bonne alternative pour ceux qui craignent la confrontation avec les douaniers mais vous perdrez de l’argent même en comptant le bakchich.

Vous voilà parés pour passer cette frontière en luttant contre la corruption !

Retrouvez notre bilan et notre vidéo de la Thaïlande ici.

Retrouvez notre bilan et notre vidéo du Cambodge ici.


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