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Patagonie, Bariloche : Winter is coming

Notre arrivée en Patagonie, à San Carlos de Bariloche, en hiver …

Encore un titre de génie s’il en est. Vous qui suivez Game of Thrones, vous en avez déjà froid dans le dos. Pour vous qui ne suivez pas, sachez que dans cette série on sait que l’hiver arrive (#winteriscoming) mais ça fait 7 saisons qu’on l’attend. Si à Westeros (le monde imaginaire de Game of Thrones) on a tout loisir de se promener en short/tongs pendant 7 ans, en Patagonie ce n’est pas la même histoire. Ici on parle de pluies violentes, tempêtes de neige, bourrasques, vitrines cassées et coupures d’électricité. Bref, quand tu connais pas la Patagonie en hiver, you know nothing

(Pardon pour ceux qui n’ont pas cette référence, trop long à expliquer)

Cet itinéraire a été créé à l’aide du site Le planificateur de voyages

Temuco & l’échec du Conguillìo

On arrive trempés à Temuco après un bus de nuit depuis Valparaiso dont la seule fuite se trouve au-dessus du siège de Gaëlle, volontaire désignée par le Dieu des fuites et des pluies-qui-mouillent-fort-sur-ta-tronche. Notre but en venant ici était de visiter le parc national du Conguillìo, un endroit situé au Sud du Chili et hors des sentiers battus que plusieurs voyageurs rencontrés sur la route nous ont conseillé. On en aurait fait un article entier (peut-être même tout un plat) en temps normal mais on vous résume ici nos deux jours passés à Temuco : Pluie, Uno, pluie, Game of Thrones, pluie, manger et puis repluie ! On vous résume aussi notre ressenti concernant la ville de Temuco, tant qu’à faire : Vide intersidéral, infini néant, ennui mortel, insignifiante abîme …

la plus belle rue de Temuco

On décide donc après une réunion de 2 minutes 24 et d’un commun accord de quitter non sans une joie à peine dissimulée notre hôtel. Hôtel dont la première bonne impression fut flinguée à bout portant par la première douche de Gaëlle dans laquelle l’eau est chaude toutes les cinquante-douze secondes (ça fait 1 minute 02, environ) et qui se trouve dans une salle de bain où il faut régulièrement taper au plafond avec un balai pour que revienne la lumière …

On part au terminal chercher un bus pour San Carlos de Bariloche, censée être notre première ville en Patagonie argentine mais il n’y en a qu’un par jour et il part à 5h30. Il n’y a pas de bus de nuit, passage de frontière oblige. On prend donc la décision d’aller à Pucòn, petite ville à deux heures de route, pour voir si l’herbe y est plus verte.

Pucòn, il est mort le soleil

Nous voilà à Pucòn et l’herbe y est bien plus verte. Certes, le fait qu’il n’y ait pas d’herbe à Temuco aide au cheminement de ce constat mais rien ne saurait entacher la joie d’avoir quitté cette hideuse ville. Pucòn est beaucoup plus petite et plus charmante mais la météo est strictement la même : De la pluie, du vent et il fait froid ! On profite d’être à la gare routière pour acheter nos tickets de bus pour San Carlos de Bariloche. Le bus part à 10h et il y a 10 heures de route, le trajet se fait en deux fois 5 heures, 17 € la première partie et 40 € la seconde. Pour le même nombre d’heures …

Oui, allô bonjour. Vous essayez de nous entuber là, non ??

Se faire escroquer, on a déjà essayé plusieurs fois, on n’aime pas trop ça. Alors on prend le pari qu’en ne payant que la première partie jusqu’à San Martin De Los Andes, ville à mi parcours, et en achetant le ticket pour la seconde partie là-bas ce sera moins cher (rdv en fin d’article pour savoir si on a gagné notre pari).

Notre hôtel n’en est pas vraiment un puisqu’on tombe chez une famille qui loue des chambres (une maison d’hôte quoi) sauf qu’ils font leur vie comme si de rien n’était. Ils ont un papi comme chez nous qui parle sans arrêt et qui mâche tellement ses mots qu’on se demande s’il parle espagnol et s’il nous parle à nous. On passe une première nuit sans dormir, à écouter le craquement des arbres sous la tempête. On se réveille avec le même état d’esprit, avec la même météo mais sans électricité. C’est là qu’on abandonne notre copain le chauffage électrique pour se réfugier vers notre seul ami du jour : le poêle à bois !

C’est ce qu’on allait dire : Give me back my sun*, et que ça saute !

*Rends moi mon soleil

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vécu de dimanche pluvieux comme à la maison, tiens ! Le genre de journée pendant laquelle même le championnat de France de vitesse de tricot pourrait nous émoustiller. Quoi ? Vous ne connaissez pas le championnat de France de vitesse de tricot ? Cliquez ici, vous nous en direz des nouvelles !

Le parcours du combattant

Ce lundi matin, on arrive tous frais pimpant à la gare pour prendre notre joli bus de 10 heures et retourner en Argentine. On s’est même trouvé une jolie petite cabane en bois au bord du lac de bariloche sur Airbnb pour 23 € la nuit, que demande le peuple ?! En allant retirer en centre ville, on y découvre des vitrines cassées et des arbres déracinés jonchent les trottoirs, une belle vision d’apocalypse qui nous donne encore plus envie de partir. Après une heure d’attente, ne voyant pas arriver le bus de 10 heures on traverse la rue pour aller voir la dame qui vend les tickets. Elle nous informe que le bus n’arrivera pas avant 13 heures car la route a été défoncée par la tempête.

  • Merci pour l’info, en revanche le pigeon voyageur censé nous prévenir pendant qu’on attendait juste en face n’est pas encore arrivé, tu devrais t’inquiéter !

Comme le destin nous offre quelques heures de glandage, on retourne à l’hôtel pour rendre à papi la clé de la chambre qui était restée dans la poche de Max, ce papi est tellement une crème qu’il nous offre le café pour pas qu’on ait froid dehors. On profite du wifi pour dire à notre hôte de Bariloche qu’on arrivera finalement très tard mais c’est lui qui nous écrit pour annuler car un arbre est tombé sur la cabane. Si on n’était pas partis avec la clé, on se serait pointés comme des fleurs à 23 heures devant une cabane éventrée !

On retourne à la gare pour prendre notre bus de 13 heures après avoir pris la décision de passer la nuit à San Martin De Los Andes, on ira à Bariloche avec le bus du lendemain. Certains passages de frontière peuvent être longs, trèèès longs. La route qui mène à celui-là passe par les montagnes et la tempête de neige commence, on roule sur le verglas puis on reste 3 heures sans bouger entre la sortie du Chili et l’entrée en Argentine.

Pas besoin d’attendre 7 ans, venez en Patagonie en Août les gars !

Le trajet de 5 heures se transforme en 7 heures et on arrive finalement à Junin De Los Andes car on s’est trompés d’arrêt. On prend notre ticket de bus pour le lendemain direction Bariloche puis on part chercher notre hôtel pour la nuit. Le matin suivant, nous voilà enfin en route pour Bariloche, dans 3 heures de bus on y sera. Bel espoir de croire que ce sera si facile, après 20 minutes de route notre bus se met à sonner dans tous les sens et on s’arrête sur le côté. Joe la Bricole, notre chauffeur, retrousse ses manches pour … appeler son chef qui n’a pas de solution. Il touche à deux trois trucs sous le capot et on repart. On a encore le droit à deux pannes avant d’arriver, pour de bon cette fois, à Bariloche.

Pariloche, pienfenue enn Suisseuh !

San Carlos de Bariloche, c’est la petite Suisse de Patagonie. Nos voisins Helvètes y ont reproduit un semblant de petit village Suisse avec les maisons en bois, le chocolat et la fondue mais l’authenticité en moins. Tout autour ce sont des lacs et des montagnes avec des balades, du ski, du kayak etc. Vu notre budget on se contentera des balades. Mais Bariloche ce n’est pas que ça. C’est aussi un ancien repaire de nazis qui sont venus se réfugier ici en nombre lorsque le nazisme fut passé de mode en Europe après 1945. Rassurez-vous, on n’a pas croisé de petit moustachu énervé qui criait partout dans les rues « afec un agzen drè brononzé » mais ça fait bizarre d’y penser quand on est sur place.

Balades à Bariloche

Le but de notre venue à Bariloche n’est pas de constater son passé peu glorieux de terre d’accueil pour des nazillons retraités migrants et fuyants le courroux qui leur était promis sur le vieux continent. Nous sommes en Patagonie et on compte bien aller voir ce qu’elle a dans le ventre. Notre première ascension Patagone sera le Cerro Campanario dont la petite montée de trente minutes est tantôt facile, parfois raide et bientôt enneigée. Arrivés là-haut, la vue panoramique nous offre les sommets andins jouxtant le lac Nahuel Huapi comme décor de conte de Noël. La Patagonie nous accueille à bras ouvert et la magie opère au premier regard, nous sommes littéralement conquis.

Si cette première vue est splendide, elle est néanmoins accompagnée d’un restau-bar et d’un magasin de souvenirs rappelant la frénésie montagnarde des vacances d’hiver dans les Alpes et il est très facile de se l’offrir en un aller-retour de téléphérique à 220 ARS (11 €) par personne. On continue donc notre route en bus jusqu’au parc municipal de Llao Llao, petite péninsule située à l’écart de la ville et de toute agitation touristique. On fait sa boucle en 3 heures incluant les pauses photos, déjeuner et une montée au Cerro Llao Llao. Une vue encore plus immersive nous y attend et pour nous seuls cette fois.

On passe à la plage bordant le lac Moreno avant de boucler la boucle et de retourner en ville. Le soir on se fait un plaisir local, un bon morceau de viande à El Boliche de Alberto Parilla, restaurant réputé de Bariloche, avec Sylvain et Mélanie, un couple de français rencontrés durant la balade. On le conseille fortement aux amateurs de bonne viande, toutes les infos sont en fin d’article. Notre dernière journée consiste essentiellement à regarder tomber la pluie, qui tombe fort et pendant toute la journée d’ailleurs, et un autre épisode de Game of Thrones.

Notre arrivée en Patagonie a tenu toutes ses promesses en terme de beauté des paysages et de vent. En effet, sous cette latitude commence la région des célèbres « quarantièmes rugissants », nom donné par les marins pour désigner cette partie du monde, située entre les latitudes 40° et 50° parallèles, où les vents sont particulièrement rapides et violents. Cette première étape lance notre fabuleuse aventure en direction du Grand Sud et du bout du monde, où l’hiver et le froid nous accompagneront jusqu’au bout.

Marchez sur nos pas !

1 € = 758 pesos chiliens (CLP)

1 € = 20,27 pesos argentins (ARS)

Tous les horaires et tarifs correspondent à la période hivernale.

Où dormir :

  • Hostal Tenerife, à Temuco : 18 500 CLP (24,40 €) la chambre double avec salle de bain privée. L’eau était froide et la lumière s’éteignait dans la première chambre. C’était mieux dans l’autre chambre mais l’hôtel n’est pas terrible.
  • Hostal Maitahue, à Pucòn : 19 000 CLP (25 €) la chambre double avec salle de bain partagée. La cuisine est bien équipée (sel, huile,thé, café gratuits) et la famille est très accueillante. Chauffage électrique dans la chambre et poêle à bois dans le salon, très agréable.
  • Hotel Briza de Otoño, à Junin De Los Andes : 200 ARS (10 €) le lit en dortoir mixte pour 4. Très propre et cuisine bien équipée.
  • Hostal Inn, à Bariloche : 210 ARS (10,40 €) le lit en dortoir mixte pour 6 avec une salle de bain par chambre, petit déjeuner inclus. Très bien situé, terrasse avec une superbe vue sur le lac, propre, bon wifi et petit déjeuner copieux et complet. Un super rapport qualité/prix à Bariloche.

Où manger :

  • Café Luthier, à Pucòn, pour des crêpes de la mort qui tue !
  • El Boliche de Alberto Parilla, à Bariloche, pour les amateurs de bonne viande. Il en existe plusieurs en ville, certains pour les pâtes et d’autres pour la viande. Ils sont tous sur Maps.me. Attention il est très connu, il vaut mieux réserver.

Les transports :

  • Valparaiso – Temuco : 11 400 CLP/personne (15 €) avec Turbus, 10 heures de nuit.
  • Pour se rendre à la gare de Temuco, il y a les bus 10A, 7A et 1A. On ne connaît pas les tarifs.
  • Temuco – Pucòn : 2 800 CLP (3,70 €) avec Jac, 2h30.
  • Pucòn – San Martin De Los Andes : 13 000 CLP/personne (17 €) avec Igi Llaima. Durée approximative 5 heures. On en a mis 6 car le passage de frontière peut être plus ou moins long.
  • Junin De Los Andes – San Carlos de Bariloche : 227 ARS/personne (11,20 €) avec la compagnie Bariloche, 3 heures (sans tomber en panne).
  • Bariloche : Pour se rendre de la gare jusqu’en ville, de la ville jusqu’au Cerro Campanario puis au parc municipal de Llao llao (à demander au chauffeur), c’est toujours le même bus : La ligne 20 qui longe le lac. On ne peut pas payer son ticket de bus en liquide. La carte de transport est obligatoire et différente dans chaque ville en Argentine. Celle de Bariloche est la seule du pays à fonctionner dans 3 villes différentes : Bariloche, Ushuaïa et Buenos Aires. Elle coûte 45 ARS (2,20 €) dans chaque bureau de tabac, elle est rechargeable et utilisable pour 2 personnes. Sinon, l’astuce consiste à demander aux gens de biper leur carte et de les rembourser en liquide, ça marche très bien. Coût d’un trajet pour une personne : entre 12 et 18 ARS (0,60 – 0,80 €).

Moyen le plus économique pour rejoindre Bariloche depuis le Chili :

  • Depuis Temuco, la seule compagnie à aller directement à San Carlos de Bariloche est Andesmar. Le trajet coûte environ 50 €/personne.
  • Depuis Pucòn, la seule compagnie à proposer ce trajet en 2 fois est Igi LLaima. Le premier trajet pour rejoindre San Martin De Los Andes coûte 17 €/personne, puis le second pour Bariloche 40 €/personne soit un total de 57 €/personne pour faire Pucòn – Bariloche.
  • Depuis Junin De Los Andes (on voulait descendre à San Martin mais on s’est trompés d’arrêt), le trajet pour Bariloche coûte 11,20 €/personne.

Pour rejoindre Bariloche, nous avons payé 17 + 11,20 soit 28,20 €/personne au lieu des trajets à 50 € ou 57 € par personne proposés. Une énonomie de 22 € ou 29  € chacun qui n’est pas négligeable. Il revient donc moins cher de faire le trajet depuis Pucòn en deux fois, en ne payant que le premier trajet là-bas puis le second une fois arrivé à Junin ou San martin.

Toutes nos photos sont sur Facebook.

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